Demain, c'est dimanche

07.05.2017 / La voix du bon pasteur

L’Evangile du Bon Pasteur révèle un aspect essentiel de la mission de Jésus sur la terre qui consiste à rassembler les hommes et les femmes de bonne volonté pour les combler de sa joie et leur donner la vie en abondance.

Mais au fond, qu’est-ce que cette joie, cette vie en abondance ? En ouvrant nos fenêtres sur les évènements du monde, nous assistons à un spectacle peu engageant : au lieu de l’entente, de la fraternité entre les peuples, de la paix, il y a la guerre, la division, la violence. D’un côté, des personnes qui s’engagent à construire un monde plus fraternel et de l’autre, des êtres qui s’ingénient à étouffer tout effort de paix et de réconciliation. Au cœur de ce monde, le Seigneur vient faire entendre sa voix. Cette voix appelle à se rassembler autour de lui pour connaître le bonheur d’aimer et d’être aimé.

Pourtant ce bonheur ne vient pas tout seul. À l’inverse de la fable de La Fontaine où le héros de la fable attendait la fortune dans son lit, il faut aller mendier la joie à la porte du Bon Pasteur qui est le Christ Ressuscité. Dans la foi, nous savons qu’il est au milieu de nous, présent et agissant mais il ne peut se contenter de vivre avec nous comme en vase clos. Il part sans cesse à la recherche des brebis égarées. Déjà dans l’Évangile, Jésus est préoccupé par ces foules accablées et lasses qui ne savent pas où aller et qui errent comme des brebis sans berger. On peut penser à ces êtres tellement enivrés par les plaisirs de la terre, jouissant égoïstement des possibilités toujours plus accrues de notre monde moderne, qu’ils en perdent toute vie spirituelle et s’enfoncent toujours plus dans un vide intérieur qu’ils n’osent avouer.

La voix du Christ et surtout de l’Eglise ne résonne plus dans leur cœur gavé mais vidé du vrai bonheur. La foi s’est évaporée au profit de l’économie. « L’ennui, disait Chesterton, un auteur anglais, si vous cessez de croire en Dieu, ce n’est pas que vous ne croirez plus en rien, mais que vous croirez en n’importe quoi. » D’où l’obsession actuelle de l’occulte, de l’horoscope et même de la sorcellerie. Des loups toujours plus affamés, toujours plus voraces.

Il est temps de revenir au bon sens qui est de prendre conscience de sa vocation de baptisé. Elle consiste à témoigner que le Christ a touché son cœur, que c’est un bonheur et qu’il se partage.

Chanoine Calixte Dubosson