Demain, c'est dimanche

26.03.2017 / O, bienheureuse faute !

La liturgie du quatrième dimanche de Carême est déjà comme un avant-goût de la joie de Pâques. A l’Introït, chant d’entrée grégorien de la Messe, elle nous invite à la joie avec le prophète Isaïe (66, 10-11) : « Réjouis-toi, Jérusalem ! et rassemblez-vous, vous tous qui l'aimez : soyez dans le bonheur réjouissez-vous avec allégresse, vous qui avez été dans la tristesse : vous pouvez bondir de joie et vous rassasier du lait de consolation qui est pour vous. ». Puis elle nous fait lire l’Évangile de la guérison de l’aveugle née (Jean 9). Ce long passage commence par une question un peu bizarre concernant le handicap du héros de ce jour. « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? ». On s’attendrait à une réaction outrée de Jésus. Quel scandale de faire d’un handicap une punition pour des péchés commis !
Pourtant, la réponse de Jésus est d’une tout autre nature. « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui ». Jésus réoriente complètement la question de ses interlocuteurs. La vraie question n’est pas la raison pour laquelle l’homme est né aveugle, mais le but. Il est aveugle afin que Dieu le guérisse.
Derrière ces mots de Jésus se profile déjà l’Exultet de Pâques, ce grand chant de joie qui, au soir du Samedi Saint, ouvre les célébrations de la Résurrection du Seigneur : « O bienheureuse la faute d’Adam qui nous a permis d’avoir un tel Rédempteur ! ». Sur problème des causes du mal et du péché toutes les explications philosophiques ou religieuses finissent par se casser les dents. Mais le message de Jésus nous engage résolument sur la voie de l’espérance. Le mal est dans le monde, c’est un fait, personne (même pas Jésus !) n’y échappe.
Ce que fait Jésus, c’est de transformer la cécité en vision, la tristesse en joie, la mort en vie. Il a fallu la Croix du Christ pour nous amener à vie, il a fallu sa souffrance et l’offrande de soi-même pour que nous commencions à comprendre combien Dieu nous aime. Oui, réjouissons-nous et goûtons au lait de la consolation qui nous vient du Cœur ouvert de notre Dieu.

Chanoine Roland Jaquenoud