Demain, c'est dimanche

29.01.2017 / Le vrai bonheur

Ce dimanche, l’Eglise fait raisonner une fois de plus dans sa liturgie l’enseignement de Jésus sur le vrai bonheur. Ecoutons-le avec attention.

« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute
et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! » (Mt 5, 3-12).

Chaque Béatitude est comme une descente dans les profondeurs de la vie en Dieu. Laissons-nous guider par elles.

L’humilité qu’est la pauvreté du cœur, profonde intuition que je ne suis pas la mesure de toute chose, m’ouvre au don des larmes, lorsque je constate le mal que je fais, ou que je suis capable de faire. Cette prise de conscience de mes limites et de ma faiblesse est le commencement de ma consolation. Elle devient source de douceur, puisque je n’ai plus rien à reprocher à l’autre que je ne pourrais me reprocher à moi-même. Elle me fait désirer en profondeur la justice à l’égard de tous qui, pour être vraie, ne peut être que miséricordieuse. Une justice qui dénigre, condamne et tue, se transforme très vite en injustice.

Pauvreté de cœur, larmes, douceur, soif de justice et de miséricorde, m’amènent à la pureté du cœur, qui est une « conversion » au sens propre, c’est-à-dire une sortie de mon égocentrisme, de mon égoïsme. Je me tourne enfin vers l’autre et j’apprends à l’aimer. Or l’amour n’est pas que sentiment, il est d’abord engagement pour l’autre, travail pour l’autre. Œuvrer pour la paix, s’engager pour la justice de manière absolument désintéressée, jusqu’à accepter les désagréments, les ennuis, voire les persécutions qui peuvent en résulter, c’est bien l’œuvre d’un cœur pur, c’est-à-dire d’un cœur aimant qui a cessé de ne soucier que de soi-même. Cette conversion à l’amour ne peut être que conversion à Dieu, dont on lit dans l’écriture qu’il est Amour (1 Jn 4, 8). Car la récompense promise dans les cieux n’est rien d’autre que Dieu lui-même, source de tout amour et de toute béatitude.

Ah, si les chrétiens, ne serait-ce qu’eux, pouvaient vivre selon les Béatitudes, le monde en serait tout de suite plus beau !

Chanoine Roland Jaquenoud