Demain, c'est dimanche

21.08.2016 / Sauvés de quoi ?

Le mot « salut » est fréquent dans le discours ecclésiastique. A quelle réalité correspond-il ? Un mot que trouvons pourtant dans le langage courant. Du genre : « Alors que leur appartement était la proie des flammes, un couple âgé a dû son salut à la prompte intervention des pompiers. » Ici nous comprenons que le couple a été sauvé des flammes et de la mort. Mais quand un prédicateur nous entretient du salut, nous ne voyons pas bien de quoi avons-nous besoin d’être sauvés, puisque de toute manière nous devrons mourir un jour !

Quelqu’un demande à Jésus : « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » La réponse Jésus désigne la « porte étroite ». Pour tenter de comprendre, envisageons le salut comme l’humanisation de notre vie. Il s’agit pour chacun de devenir humain, à la manière dont Dieu se fait homme en Jésus Christ, acceptant l’étroitesse d’une vie humaine. Quand l’homme vient au monde, il est enclos sur lui-même. Il devra s’ouvrir peu à peu. Aux autres quels qu’ils soient – le péché étant le refus de s’ouvrir, l’affirmation orgueilleuse de soi-même. Or la vie de Jésus fut essentiellement ouverture : accueil de tous, pardon des offenses, amour vécu jusqu’au don total de soi.

Voilà le salut annoncé dans l’Evangile. Une voie que Dieu ouvre devant chacun sans distinction ni de race ni de croyance. Son Esprit nous offre de devenir vraiment humains. Pas n’importe comment. En suivant le Christ : nous mesurons alors que le passage est étroit.

Chanoine Jean-Claude Crivelli