Demain, c'est dimanche

03.07.2016 / Commis voyageurs

Quand j’étais enfant, je me souviens que chaque automne deux commis voyageurs, employés d’un grand magasin de vêtements, visitaient notre famille, proposant et ajustant des habits pour chacun. Ils étaient reçus à notre table, et même l’un d’entre eux logeait à la maison. Au fil de leurs visites annuelles ils étaient devenus des amis. Leur passage était une fête pour nous.

C’est un peu comme cela que j’imagine la mission des disciples, envoyés deux par deux « dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller » (Lc 10, 1). L’Evangile ne s’annonce pas tant à travers les coups d’éclat ou les méga-rassemblements que dans les contacts d’homme à homme, dans la simplicité des relations quotidiennes. Il s’invite dans la rencontre, dans l’hospitalité qui favorise le dialogue sur les choses de la vie, sur nos angoisses, nos souffrances et nos espoirs. Il n’est pas un ajout à notre vie, en plus du reste : il est une présence qui éclaire, pacifie, guérit, réjouit. « Le règne de Dieu est tout proche de vous. » (Lc 10. 9)

« Paix à cette maison », disent les disciples à leurs hôtes. Cette paix / « shalôm » qui désigne un accomplissement. Qu’ainsi tout homme puisse trouver les conditions qui lui permettront de s’accomplir en tant qu’être humain : en particulier la justice, la sérénité intérieure, l’amitié, une alimentation saine, etc. Il y a là une profonde requête d’humanité que l’Evangile prend en compte pour l’élargir jusqu’au ciel !

Chanoine Jean-Claude Crivelli