Demain, c'est dimanche

15.05.2016 / Dialecte

Chacun de nous parle un dialecte. Je veux dire par là qu’en parlant une langue, je le fais à ma façon, avec des caractéristiques qui me sont propres et qui me définissent : mon sexe, mon éducation, mon âge, ma vision du monde, etc. D’où la difficulté que nous éprouvons à nous comprendre les uns les autres. Nous ne parlons pas la même langue.

« J’ai beau lui expliquer, mais il ne me comprend pas ! » ou bien : « Cela fait des années que tu me parles, mais je n’ai toujours pas compris le fond de ta pensée ! » ou encore : « Ce que tu me racontes là n’évoque rien pour moi ! » Profond mystère que l’incompréhension qui sépare les êtres et les empêche de se comprendre, exposé dans le récit de la tour de Babel.

Il arrive pourtant, quand deux amoureux ou amis se parlent les yeux dans les yeux, qu’ils se comprennent totalement, chacun écoutant la parole de l’autre et la faisant sienne. Mais que se passe-t-il ici ? En fait il n’y a plus deux paroles mais une seule, à laquelle chacun communie. Tous deux sont à l’écoute de la même parole, la recevant chacun dans son dialecte particulier.

Un jour les amants, les amis, les frères et sœurs, mais aussi les ennemis, se comprendront parfaitement. Ils « s’entendront » vraiment. Chacun entendra la même chose dans son dialecte. La fête de la Pentecôte en est la promesse. Promesse du jour où la Parole, le Verbe, résonnant en tous, créera l’harmonie définitive.

Chanoine Jean-Claude Crivelli