Demain, c'est dimanche

10.04.2016 / Sortir de la nuit

Les apôtres font peine à voir dans l’Évangile de ce dimanche. Ils ont la mine des mauvais jours comme au lendemain d’une mortifiante défaite. Ils avaient abandonné leur métier pour suivre Jésus. Puisque celui-ci n’est plus, c’est tout à fait logique de passer à quelque chose de familier, que l’on maîtrise. Un tien vaut mieux que deux, tu l’auras. Le Christ en avait fait des apôtres, ils veulent redevenir pêcheurs de poisson. C’est plus sûr, c’est moins risqué.

Ils retournent au point de départ qui, en fait, est un retour aux certitudes, aux sécurités humaines. Ils oublient par là même, ces phrases essentielles du Seigneur : «Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas digne du royaume des Cieux». Puis, plus loin, ces mots prononcés à l’adresse de Pierre après une pêche mémorable: «Désormais, ce sont des hommes que tu prendras».

Pourtant, une nouvelle désillusion les attend : pas de poisson à l’horizon. La nuit a été stérile. Ce n’est pas dans le passé que se trouve l’avenir. Après la nuit qui ne donne rien, il y a l’aube qui se lève. Jésus est là sur le rivage. C’est là qu’il faut regarder, c’est vers la lumière qu’il faut se diriger, lumière de résurrection, d’amour et de vie. Jésus invite ses apôtres à une pêche qui ne sera jamais plus stérile. C’est la moisson de l’Eglise qui commence, une Eglise qui se risque encore aujourd’hui dans les flots tumultueux du monde.

Chanoine Calixte Dubosson