Demain, c'est dimanche

28.02.2016 / Je suis

En Occident, la philosophie et la théologie fondent, en général, leurs ultimes réflexions sur ce qui est, sur celui qui est. Ainsi, lorsqu’au Buisson-Ardent, Dieu se présente à Moïse en disant qu'il est celui qui est, il est facile de rapprocher la réflexion humaine de cette révélation divine. Toute l'histoire de la pensée peut donc se déployer à partir de cette rencontre miraculeuse et de ce nom : JE SUIS.

Pourtant, Dieu ne se révèle pas tout de suite ainsi. Il se présente d'abord comme le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Dieu nous le connaissons donc par ce que nous ont transmis nos parents, notre société, notre culture. Il est le protagoniste d'une tradition qui nous porte et à laquelle nous adhérons, sans toujours en être conscient. Dieu est celui dont on parle.

Deuxièmement, Dieu promet à Moïse qu'il se découvrira dans son action. Il libérera son peuple de l'esclavage en Égypte. Dieu se manifeste donc dans nos vies, par un miracle ou par un signe. Cette expérience existentielle cause souvent notre foi en lui. Dieu est celui qui nous sauve.

Mais, après ces deux étapes de la révélation divine et devant l'insistance de Moïse, Dieu accepte de se manifester en se dévoilant un peu plus par ce nom mystérieux que les Hébreux n'osent prononcer et que nous traduisons par Seigneur. Ainsi en est-il de la révélation de Jésus. Juif, il grandit en Palestine dans la tradition de ses pères. Par sa mort et sa résurrection, il libère l'humanité de l'ultime esclavage : la mort. Il ne pouvait que dire son nom en acte et en vérité : JE SUIS.

Notre vie chrétienne, plus particulièrement en ce temps de Carême, monte graduellement. Du Dieu de nos pères, au Dieu sauveur, nous découvrons que le Christ est celui qui fonde tout : la tradition et son action salvatrice dans l'histoire humaine.

Chanoine Alexandre Ineichen