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24.01.2016 / Choisir l'espérance

Saint Luc, au début de son évangile, est l’un des rares auteurs à parler des sources de son texte. Bien plus, il parle des sources de tous les écrits sur Jésus. Ils ont été composés, dit-il, « d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole » (Lc 1, 2). Il n’a donc pas fallu attendre la science dite moderne pour que l’on sache que nos évangiles sont des compositions rédigées à partir de récits oraux.

S’emparant de ce qu’elle a cru être sa propre découverte, la modernité en a fait une source de doute : si les évangiles sont des compositions à partir de traditions orales, c’est donc qu’ils ont profondément modifié la figure du « Jésus historique ».

Saint Luc, lui, ne voit pas les choses ainsi. Si les événements des Evangiles ont été transmis par des témoins oculaires et des serviteurs de la Parole, c’est donc qu’on doit leur faire confiance. Parce qu’aucun de ces premiers témoins n’aurait accepté de mener la vie qu’ils ont menée, faite d’abnégation, d’exils et de persécutions, s’ils n’avaient été soulevés par l’immense espérance qu’a suscitée en leur cœur leur rencontre avec la Parole, le Verbe fait chair. Et cette joie de l’espérance, ils la partagent avec nous, pour qu’elle devienne nôtre. On peut choisir le doute, certes. Cela peut donner quelques plaisirs intellectuels, mais cela ne nous aide pas à vivre.

Les évangélistes nous invitent à choisir l’espérance, qui, elle, peut transformer nos vies. Pourquoi hésiter ?

Chanoine Roland Jaquenoud