Demain, c'est dimanche

22.11.2015 / Souveraineté

Les élections fédérales sont presque finies. Le peuple suisse a donc choisi ses autorités qui ont le pouvoir souverain d’édicter des lois et de les appliquer. Ce qui était alors réservé au roi est, certes, maintenant accordé à des représentants choisis librement par le peuple. Pourtant leur autorité est identique même si, en démocratie, il est toujours possible que le peuple ait le dernier mot. Mais dans l’un et l’autre régime, elle est toujours souveraine. Être sujet ou citoyen, c’est accepter que le roi tranche ou qu’un vote sanctionne une décision pour l’ensemble du pays.

Avant la condamnation du Christ à la crucifixion, l’Evangile nous rapporte un curieux dialogue. Jésus et Pilate semblent parler politique. Le gouverneur romain demande si Jésus ne prétend pas à une royauté telle que définie plus haut. Jésus ne le nie pas, mais en donne une tout autre explication. « Ma royauté ne vient pas de ce monde »

Pourtant, Jésus utilise le même mot et lorsque nous parlons du Christ comme Roi, ce n’est pas seulement une jolie image pour orner notre discours. Quel est donc le trait commun à ces deux réalités : celle de ce monde, celle du Christ ?

Se déclarer sujet du Christ, c’est accepter son autorité souveraine tout en acceptant notre réalité humaine, même politique. Jésus n’est pas venu abolir la loi - la loi humaine - il est venu l’accomplir. Jésus est un roi, non pour remplacer l’autorité romaine ou pour devenir président de la confédération, mais pour inaugurer un royaume beaucoup plus profond, celui de notre conscience, beaucoup plus large, celui de toute l’humanité, passée, présente et à venir.

Sa souveraineté n’est pas ce monde, mais elle donne à ce monde, ici et maintenant, une nouvelle dimension divine et éternelle.

Chanoine Alexandre Ineichen