Demain, c'est dimanche

04.10.2015 / Mariage

Dire que le sacrement du mariage est en crise est une banalité. Non seulement l'union conjugale entre deux chrétiens est remise en cause, sinon dans ses fondements, du moins dans ses éléments essentiels comme l'indissolubilité, mais encore certaines interprétations de la loi civile vident de sa substance même le mariage naturel. Faut-il s'adapter à l'humeur ou à l'idéologie du moment ou faut-il, au contraire, renforcer un idéal qui est et qui fut toujours bien difficile à vivre en acte et en vérité ?

Relisez le chapitre cinq de la lettre aux Ephésiens de saint Paul, alors vous comprendrez que ces questions, que nous croyons si modernes, agitaient déjà les esprits. Dans ce texte, l'Apôtre peine à donner une réponse satisfaisante et définitive. D'ailleurs, il conclut son raisonnement par l'affirmation que ce mystère est grand, donc difficilement applicable, pour tout de suite le rapporter au Christ et à l'Eglise et éviter ainsi de continuer son explication. Savait-il combien les questions de mariage, de famille, ne sont pas faciles ?

Pourtant, lorsque Jésus répond au Pharisien l'interrogeant à ce sujet, il sait aussi combien est difficile son enseignement. Mais il ne se dérobe pas, en tout cas moins que saint Paul. Il rappelle alors que le mariage n'est pas une simple invention humaine, mais le rapporte au commencement de la création. Il lui donne ainsi une dimension divine.

Un synode se réunit bientôt à Rome pour débattre de ce sujet. Peut-être comme saint Paul la réponse ne sera pas définitive et les débats seront houleux, mais prions pour qu'il affirme et réaffirme la grandeur de ce mystère, celui du mariage chrétien, dont l'union de l'Eglise avec le Christ en est l'image parfaite.

Chanoine Alexandre Ineichen