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09.08.2015 / Je ne vaux pas mieux que mes pères

Le prophète Elie, seul et pourchassé dans l’immense désert, connaît un instant de dépression qui lui fait perdre son appétit et considérer la mort comme plus douce que la vie. Au comble du désespoir, il s’écrie : « Seigneur, prends ma vie, je ne vaux pas mieux que mes pères ! »

Cet aveu, à contempler notre monde, n’est-il pas d’actualité ? Autrefois les églises étaient pleines à craquer, surtout au fond pour qu’après la communion on soit les premiers au bistrot pour, entre autres, pincer les fesses des sommelières. Aujourd’hui, les nouveaux temples ne désemplissent pas tel celui du Paléo de Nyon ou des milliers de jeunes et de moins jeunes se réunissent avec, parmi eux, des êtres qui diluent leur mal de vivre dans l’alcool, le sexe et la drogue.

Avant, parents rois, enfants martyrs. Aujourd’hui, enfants rois, parents martyrs : où est le progrès ? Actuellement, avoir entre 50 et 5000 amis sur Facebook mais seulement un ou deux dans sa chambre d’hôpital. « Nous ne valons pas mieux que nos pères ».

Alors, subir, se résigner. A moins que, comme Elie, on ait assez d’humilité pour obéir à l’ange du Seigneur : « Lève-toi, mange et bois car il est long le chemin qui te reste ». Autrement dit : « Sois assez humble pour commencer le pèlerinage le plus long, celui qui va du « je fais ce que je veux » à « je fais ce que Dieu veut ».

Chanoine Calixte Dubosson