Demain, c'est dimanche

24.12.2006 / Pièce en trois actes

Acte premier. Une jeune femme, enceinte, accourt chez sa cousine pour l'aider à accoucher. Marie se rend chez Élisabeth, celle qu'on appelait la stérile. Comme parente, elle se doit de la soutenir. Ce geste est tout simplement humain. Il appartient à la banalité du quotidien, à la vérité de la vie. Devrions-nous dire que c'est une évidence de l'univers ? Aider son prochain, accomplir son devoir, manifester son humanité.

Acte II. A la salutation de la Vierge, l'enfant en Élisabeth tressaillit de joie. Elle comprit alors que cette rencontre portait les prémices de notre salut. Ainsi l'historie du salut s'accomplissait. Saint Jean-Baptiste indiquera à l'univers que Jésus sera l'agneau de Dieu qui enlèvera le péché du monde. Combien de rencontres sont-elles décisives ? Dans l'obscurité de ces échanges commencent les histoires humaines, l'accomplissement des destins et l'aboutissement de l'espoir.

Acte III. L'Évangile ne s'arrête pas et continue avec le cantique d'action de grâce de la Vierge : le Magnificat. Devant les merveilles de Dieu, Marie ne peut qu'exalter le Seigneur, lui qui s'est penché sur l'humble servante d'un accouchement dans le montage de Judée, lui qui donne à Marie, le titre de Mère de Dieu, qui la remplit de sainteté car Il est saint.

Ce scénario nous le connaissons que trop bien. Il est le déploiement de l'histoire de Jésus, de sa naissance, à sa mort et sa résurrection. Mais, il est aussi l'intrigue de nos destinées, de chacune de nos journées accomplies dans le secret de nos cœurs. C'est la trame de nos vies, de la naissance à la mort. C'est la pièce grandiose dont l'univers est le décor et l'éternité la durée. Elle débute à Noël, c'est-à-dire demain lorsque nous verrons la gloire de Dieu. Bon Noël.

Chanoine Alexandre Ineichen