Demain, c'est dimanche

28.06.2015 / Immortalité

Chacun, du plus jeune au plus âgé, « troupeau parqué pour les enfers que la mort mène paître. » Cependant, en même temps, cette connaissance commune, presque banale, s'accompagne d'une certaine ignorance de ce que signifie la mort pour soi-même. Ce double savoir : la mort concerne tout le monde et lorsqu'elle nous touche enfin, nous ne pouvons compter alors sur personne. Ce paradoxe alimente notre anxiété, nos doutes et notre désir de le dépasser.

Quelle est la cause de la mort ? Les Ecritures expliquent en plusieurs passages que la mort est le fruit du mal, de l'homme en particulier. « Dieu n'a pas fait la mort. (...) La mort est entrée dans le monde par la jalousie du démon. » Cette explication, nous le savons, nous heurte. Qu'en est-il alors de la mort de l'innocent ? La réponse est difficile et continue à nous tarauder.

Pourquoi mourir ? Si Dieu est bon, s'il nous a créés pour la vie, alors la mort doit signifier quelque chose dans le dessein divin. Comment croire en un Dieu qui permettrait la mort au détriment de la vie ? Mais en même temps, si nous nous imaginons immortels, nous sommes pris de vertige.

Consciemment, je n’ai répondu ici à aucune des questions. Le sujet est-il trop vaste ou n’y a-t-il pas de réponse ? Mais notre foi esquisse une direction. Par la mort et la résurrection du Christ, nous comprenons un peu mieux cette réalité si humaine. Mieux, avec l’Evangile de ce dimanche, nous voyons Jésus, non seulement comme vainqueur de la mort à Pâques, mais comme celui qui, sur les chemins de Galilée, prend le temps de se pencher sur la souffrance des hommes, qui la soulage et nous partage un peu de cette immortalité que nous recevrons en plénitude lors de notre propre mort.

Chanoine Alexandre Ineichen