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07.06.2015 / Divisions

Il y a des êtres qui semblent nés pour provoquer la division au sein des sociétés, s’ingéniant à dresser les uns contre les autres. Dans son traité «Le Prince», Machiavel (16e s.) se plaît à décrire cette méthode dont usent certains stratèges politiques. Les chrétiens eux-mêmes ne sont pas à l’abri : leur histoire en témoigne. On peut même s’interroger : les religions — dont la vocation est de favoriser les liens entre les hommes — n’alimenteraient-elles pas le désordre dans la société ? Flambées prophétiques, dissidences, schismes, manipulations sectaires de gourous… on connaît ça !

En fait l’esprit de la division guette l’être humain dès les origines : le livre de la Genèse (1ère lecture) le met en scène sitôt après la création. Toute «maison» — entendons par là tout lieu où sont réunis des hommes et des femmes — peut devenir la cache d’un «adversaire», d’un «satan» fauteur de troubles. Dans l’évangile, on voit Jésus comme divisé d’avec les siens qui font sécession. La 1ère Lettre de Pierre avertit les disciples : «Votre adversaire, le diable». Le «diabolos» : littéralement celui qui divise.

A la suite de son Seigneur, qui a donné sa vie pour cela, le défi et la mission de l’Eglise sont de rassembler les êtres. Unir dans un grand souffle des personnes, des sociétés, des nations, des cultures différentes pour qu’elles deviennent un seul peuple riche de ses diversités. Action politique et éminemment évangélique.

Chanoine Jean-Claude Crivelli