Demain, c'est dimanche

11.05.2014 / Par mon nom

En ce matin de printemps, me voici enfermé au Musée du Louvre à Paris, noyé dans un flot de touristes. « Shin'ainaru yūjin wa, watashi ni shite kudasai shitagatte kudasai », s'écrie la guide tentant de rameuter ses troupes nippones. De tous côtés ça parle un idiome que je ne comprends pas, quand soudain j'entends distinctement : « Jean-Claude ! »

Une amie, m'ayant repéré au milieu du tourbillon des visiteurs, m'appelle, me fait émerger de la foule anonyme.

S'entendre appeler par son nom alors que jusque-là on se sentait perdu. De plus cette voix, je la reconnais, c'est celle d'une ancienne copine d'études. Reconnu, désigné par mon nom, je suis quelqu'un, j'existe.

Il y a quelque chose d'une telle expérience dans l'évangile du bon pasteur. Agrandi aux dimensions de l'infini divin ! Le Christ me connaît par mon nom, il sait qui je suis, il m'appelle ; je reconnais sa voix et je le suis en confiance. Il est aussi la porte : je sais par où passer dans le trajet de cette vie.

« Je te connais par ton nom », disait déjà le Seigneur à Moïse dans l'Exode, le livre biblique de la longue marche qui conduit Israël hors de la terre de servitude. Appelé, Moïse devient à son tour pasteur, prenant soin de ses frères et soeurs.

Aujourd'hui comme hier, être pasteur c'est s'entendre soi-même appelé, pour à son tour en appeler d'autres, en prendre soin : qu'ils se sentent en sécurité dans un monde où tant de cris retentissent, où les appels nous tirent dans tous les azimuts.

Jean-Claude Crivelli