Demain, c'est dimanche

15.10.2006 / Rapetissons le chameau

Vis-à-vis de nos richesses (pas seulement de notre argent, mais de tout ce qui encombre nos vies), l'évangile est très clair : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu. » Autant dire impossible !

« Si on ne peut pas agrandir le trou de l'aiguille, on peut toujours essayer de rapetisser le chameau », s'est écrié le petit malin au fond de l'église après le sermon. Et bien justement, rapetissons notre chameau personnel, celui qui nous fait trop riches et trop encombrés pour entrer dans le royaume de Dieu.

Les bosses du chameau lui servent à faire des réserves. Est-ce que je suis sûr que mes réserves de temps gardé pour moi, mes bas de laine intellectuels, les caisses noires relationnelles sont utiles à ma marche vers le Royaume ? Supprimons les bosses du chameau !

Le chameau a un long cou et une tête fière, souvent dédaigneuse. Est-ce que je suis sûr que mes allures quelquefois hautaines et supérieures sont bien chrétiennes ? Supprimons le cou et la tête du chameau !

Le chameau a un ventre qui rumine ! Que de ruminations dans ma vie de riche qui n'est jamais content ! Supprimons le corps du chameau !

Le chameau est fait de jambes osseuses montées sur des pattes larges. N'ai-je pas tendance à mettre largement mes pieds dans des domaines où d'autres pourraient s'épanouir ? Est-ce que je sais faire preuve de délicatesse lorsque je marche dans ou près du jardin secret des autres ? Supprimons les pattes du chameau !

La vie chrétienne, c'est de se débarrasser du chameau qui encombre ma vie pour le transformer en un mince fil. Un filet de musique légère, délicate et humble qui me relie à l'Esprit. Un fil rouge sang qui m'attire à la Source du Salut et me conduit au Royaume.

Chanoine Guy Luisier