Demain, c'est dimanche

08.09.2013 / Une si brillante carrière

Faire carrière, je ne rêve que de cela ! Jeune, dynamique et ambitieux, je veux réussir. Sera-ce dans l'économie, la politique, le show-biz, le sport ou encore dans le monde des arts ? Peu importe. Je saisirai les occasions qui se présenteront. Jouir de la vie, faire ce que j'aime et, autant que possible, être aimé. Quoi de plus naturel ? Et, si j'ai les moyens de mes ambitions, je serais bien stupide de ne pas me lancer.

Or un jour, à la suite d'un événement douloureux, d'une rupture traumatisante ou tout simplement parce que je me risque à méditer sur le sens de la vie, je m'interroge. Suis-je identifiable uniquement par ma seule carrière ? Ou bien puis-je me définir par un autre côté de moi-même ?

Bonne question, qui d'ailleurs n'est pas réservée aux seuls chrétiens. Ces derniers toutefois sont appelés à répondre de par ce qui les caractérise devant Dieu et devant les hommes : leur identité de disciples. Disciples d'un Maître qui invite à marcher à sa suite, à entrer dans un projet dont il s'agit, là aussi, de mesurer l'envergure et les implications – voir dans l'évangile de notre dimanche « bâtir une tour » et « partir en guerre ». Une carrière en quelque sorte. Quoique particulière puisque, pour y réussir, il s'agit de me désencombrer de moi-même. Épouser cette sagesse qui m'apprend à mourir pour vivre pleinement. Sagesse de la Croix. Sagesse d'un Dieu qui, en Jésus Christ, renonce à sa condition divine pour se faire serviteur de l'humanité.

Chanoine Jean-Claude Crivelli