Demain, c'est dimanche

10.09.2006 / Les fausses valeurs  

(Jc 2, 1-5)

Dans la première lecture de ce dimanche, saint Jacques met le doigt sur ce problème non résolu des différences sociales qui touche même les communautés chrétiennes puisqu'il les met en garde contre les discriminations des riches par rapport aux pauvres. Et il rappelle cette réalité qui semble évidente mais qui est sans cesse remise en cause par nos réflexes de grandeur et de pouvoir : « Dieu, lui, n'a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde ? »

L'esprit du monde, c'est pour moi comme un courant incolore et inodore qui pénètre nos esprits et qui instinctivement nous pousse à croire que le bonheur est dans la richesse et la domination. Chaque fois que je lis les commentaires sportifs, je suis heurté par le message insidieux qu'ils transmettent. Par exemple : « Il a pulvérisé son adversaire » ou « il s'est défait sans pitié de son concurrent » ou encore « il n'a fait de lui qu'une bouchée ». Tout cela est à des années-lumière du message évangélique et ne va pas sans marquer les mentalités, celle des jeunes surtout qui risquent de voir les autres comme des rivaux à éliminer plutôt que comme des frères et sœurs en humanité avec lesquels ils ont à construire un monde plus humain et plus fraternel.

Il faut redire avec saint Paul que la compétition idéale c'est celle qui consiste à rivaliser dans l'amour, dans la générosité et le don de soi. C'est là qu'il faut être riche, c'est là qu'il faut réussir des performances car dans ce cas-là, il n'y a plus de vaincus mais uniquement des vainqueurs.

Chanoine Calixte Dubosson