Demain, c'est dimanche

26.08.2012 / Des paroles inadmissibles

Combien de fois entend-on que le discours de l'Eglise est inadapté, intolérable, irrecevable. Et voilà qu'en ce dimanche, on découvre avec stupeur qu'en son temps, le discours de Jésus était, lui aussi, inadmissible. « Ce qu'il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l'écouter » (Jn. 6, 60).

Oh, bien sûr, Jésus n'avait parlé ni de préservatif, ni d'avortement, ni d'euthanasie. Il avait simplement dit que sa chair et son sang étaient vraiment des nourritures et qu'il fallait les consommer pour avoir la vie.

Pour nous, familiers de l'eucharistie, rien que de normal. Mais pour ceux qui écoutaient Jésus, quel scandale ! N'est-il pas entrain de promouvoir une forme de cannibalisme ?

Pourtant, loin d'édulcorer son message, Jésus en affirme avec solennité l'autorité : « Les paroles que je vous ai dites sont esprit, et elles sont vie » (Jn 6, 63). Devant ces paroles, il y a deux attitudes : ceux qui partent et ceux, peu nombreux (dans l'Evangile, il ne reste que les douze Apôtres), qui proclament « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68).

Aujourd'hui, les paroles de Jésus sur sa chair et son sang ne choquent plus personne. Mais son message de vie proclamé dans et par l‘Eglise, lui, continue de déranger. Des valeurs essentielles comme la fidélité dans le mariage ou le respect de la vie de sa conception à sa fin naturelle irritent, scandalisent. Alors, que faire ? Partir ? « Seigneur, à qui irions-nous… ? ».

Roland Jaquenoud