Demain, c'est dimanche

27.08.2006 / Partir ou rester ?

Partir ou rester : deux très beaux verbes et même temps deux mots ambigus : tout l'enjeu du christianisme est à la mesure de la compréhension que nous avons de ces mots dans leur profondeur de foi. Surtout dans le monde difficile qui est le nôtre.

Partir, c'est avancer, se détacher, aller vers le large, aller vers le monde, aller vers les frères. Dans ce sens le mot est très positif et fait partie de la mission du chrétien. Mais partir c'est aussi lâcher, abandonner, renoncer à des valeurs. Dans ce sens le mot a les connotations négatives, celle de nos démissions, de nos manques de courage ou de foi !

Rester, c'est être fidèle malgré les difficultés, demeurer enraciné quand tout invite à se laisser porter par le flot des modes et des facilités. Rester, c'est faire un acte de foi dans la stabilité de ce que l'on a reçu, malgré les obscurités. C'est la mission du chrétien. Mais rester c'est aussi s'encroûter, s'enfermer dans l'immobilisme raide et autiste, être incapable de se remettre en question. Dès lors rester n'est pas chrétien.

Alors, sur le plan spirituel et religieux, voulons-nous partir et rester ? Sans doute les deux à la fois !

Devant les difficultés d'accepter son message, Jésus a dit à ces disciples : voulez-vous aussi partir ? et ils ont répondu : « A qui irions-nous tu as les paroles de la vie éternelle ». Et nous qu'aurions-nous répondu ?

Jésus est le chemin ; un chrétien reste sur le chemin et c'est son moyen de partir à la rencontre de ses frères et du Père.

Chanoine Guy Luisier