Demain, c'est dimanche

22.01.2006 / Urgence ordinaire

Après Noël et l'Épiphanie, avant Pâques et la Pentecôte, il est un temps que l'Église appelle ordinaire. Là, les Évangiles exposent chaque dimanche le ministère quotidien de Jésus : prédication, miracles. Dans nos vies, il est de longues périodes où il semble n'y avoir rien d'extraordinaire. Le temps s'écoule en bon ordre.

Cependant, dans l'Évangile comme dans nos vies, Dieu prépare son action au moment même où personne ne l'attend. Aussi est-il urgent de se tenir en éveil. Il est toujours facile d'être un prophète de malheur, en effet l'ordinaire pèse, nous le savons que trop. Alors, comme ces pêcheurs au bord de la mer de Galilée, Pierre, Jacques, Jean et André, vaguement au courant que le prophète Jean le Baptiste avait été emprisonné, continuent leur travail, nous poursuivons notre labeur. D'ailleurs, peut-il en être autrement ? Le Messie tellement attendu commence bien mal son ministère. La voix qui devait annoncer la parole a été bâillonnée. Notre engagement qui devait être si exaltant retombe dans la banalité de notre quotidien.

Mais, l'Évangile nous rappelle à l'ordre et l'ordonnance de nos jours si gris s'éclaire d'une lumière nouvelle. Rien de spectaculaire, peut-être, mais un approfondissement qui découvre la vraie vie. Les Apôtres retournèrent pour un temps à la pêche après la résurrection. La vie reprend, mais convertie.

Ainsi, après que la voix qui crie dans le désert s'est tue, laissons là les filets de nos conventions mortes en lesquelles notre morale s'est peut-être transformée, abandonnons la barque de nos préjugés qui sont le résidu de nos idéaux bafoués, et suivons Jésus-Christ, la Parole vivifiante, qui seule est la vérité qui nous rendra vraiment libre.

Chanoine Alexandre Ineichen