Demain, c'est dimanche

08.04.2012 / Fermentation pascale

Comme les disciples d'Emmaüs, le troisième jour, nous cheminons aujourd'hui peut-être sans reconnaître que notre compagnon de route est celui-là même dont nous regrettons la mise à mort. Mais notre tristesse s'évanouit quand il nous explique les Écritures, de Moïse jusqu'à lui en passant par les Prophètes. Alors cette Pâque vécue dans la tragédie devient peu à peu le passage de notre humanité à son Père et notre Père. Ces rites que nous avons vécus ne sont plus l'immolation d'un agneau pour protéger notre exode, mais le sacrifice du Christ qui nous ouvre à la vie.

Avant la résurrection de Jésus, notre pain était un pain de douleur. Certes, nous y avions enfoui un levain dont nous croyons qu'il pourrait lever toute la pâte. Mais ce n'était que corruption et infidélité. Aussi, d'abord, obéissons aux préceptes de l'Ancien Testament et, avant de quitter l'Egypte, lieu de notre esclavage, purifions-nous des vieux ferments. Car ce n'est pas le grain moulu, notre vie quotidienne avec ses joies et ses peines, que nous abandonnons, mais ce levain étranger à ce qui est notre dignité de fils de Dieu.

Après la résurrection, allons avec celui qui fractionne le pain qui prodigue le vrai bonheur et tournons-nous vers ce grain tombé en terre qui seul peut donner la vie : Jésus-Christ. Cet aliment, il est vrai, est azyme, sans levain. Mais ce qui le ferra lever ce n'est pas nos mauvaises actions, mais la résurrection qui dotera ce pain non-fermenté de la droiture et de la vérité dont nous nous nourrirons et vivrons.

Chanoine Alexandre Ineichen