Demain, c'est dimanche

30.07.2006 / Sept, douze paniers

Le miracle de la multiplication des pains est un des rares prodiges que relatent les quatre Évangiles, parfois même deux fois. Notre Seigneur a pitié de la foule assoiffée de son enseignement et la nourrit malgré la pauvreté des moyens à disposition. Évidemment, il est facile de comprendre ce signe. C'est une anticipation de l'Eucharistie : cœur des sacrements où le Christ se donne réellement. Pourtant, remarquons dans tous les textes qu'il reste, toujours, quelques paniers débordants. D'ailleurs, dans l'Ancien Testament, Elisée lorsqu'il sauva de la famine cent personnes a accompli la parole de Dieu qui disait : « Ainsi parle le Seigneur : on mangera, et il en restera. »

Pourquoi, Dieu en rajoute, encore, et encore ? Pourquoi le Seigneur, Maître du temps et de l'espace, n'est-il pas capable de donner à chacun selon ses besoins ?

Une réponse, facile, est d'affirmer que, par cette surabondance, Dieu révèle sa richesse insondable. Pourtant, curieusement, si les Évangiles rapportent ce détail, non seulement en précisant le nombre des paniers restants, mais en indiquant qu'ils sont bien pleins, ils ne rajoutent rien de plus. Cet élément ne renforce pas le récit. Au contraire, il le laisse comme suspendu. Alors, que faire de tout ce pain superflu ?

Comme la Parole de Dieu, ces paniers ont été donnés. Les foules ont été rassasiées, comme nous l'avons été par l'Eucharistie. Avec ces douze paniers qu'il reste, nourrissons notre prochain. Avec ces sept paniers bien pleins, manifestons réellement notre charité. Douze paniers pour les Douze, qui annoncent le règne de Dieu. Sept paniers, pour les sept premiers diacres des Actes des Apôtres, qui révèlent par leur charité la compassion divine pour notre temps. Ce pain qui reste, il faut le distribuer pour nourrir les foules en esprit et en acte.

Chanoine Alexandre Ineichen