Demain, c'est dimanche

25.09.2011 / Il s'est dépouillé

L'auto-dépouillement du Fils de Dieu. Lui qui est Dieu, il s'est fait homme. Lui qui est le Seigneur, il s'est fait le serviteur de tous. Lui qui est l'auteur de la vie, il a fait pour nous et avec nous l'expérience de la mort. Et c'est dans ce dépouillement que s'est révélée sa vraie grandeur, la grandeur de l'amour qui ne garde rien pour soi, qui donne tout de lui. « C'est pourquoi Dieu l'a élevé plus haut que tout » (Phil 2, 9).

Saint Nicolas de Flue, que nous fêtons aujourd'hui, a suivi le Christ en prenant son message au pied de la lettre. Il a tout quitté, il a rejoint le dépouillement absolu de son Maître. Et c'est justement alors qu'il a accepté de n'être plus rien pour lui-même et tout pour Dieu, qu'il a pu rendre les plus grands services à sa patrie en réconciliant les cantons suisses sur le point de sombrer dans la guerre civile. Nicolas, c'est le patron de notre pays, dit-on. Pourquoi donc nous est-il si difficile de marcher sur ses traces ? Pourquoi nous est-il si pénible de renoncer à nous-même, afin de nous donner à Celui seul qui peut nous élever dans une hiérarchie qui n'a rien à voir avec celle du monde, la hiérarchie de l'amour ? C'est seulement en nous élevant dans cette hiérarchie-là que nous seront véritablement utiles à nous frères et soeurs. Tout le reste n'est que vaine illusion.

Chanoine Roland Jaquenoud