Demain, c'est dimanche

23.07.2006 / Prendre le temps de savourer

L'été est la saison des grands rassemblements. On l'a vu avec le mondial en Allemagne. On le voit avec les innombrables concerts et spectacles organisés un peu partout chez nous. L'image de ces foules, dont je fais occasionnellement partie, rejoint celle de l'Évangile de ce dimanche. Mais ici, la démarche est différente. Dans l'Évangile, les gens se rassemblent pour écouter une parole, celle des apôtres d'abord, celle de Jésus ensuite.

Ce désir d'entendre quelque chose de solide et de vrai, de nourrissant pour sa vie quotidienne contraste avec celui des temps modernes où le désir est surtout de vivre des sensations fortes, des montées d'adrénaline sans précédent dans un stress jamais égalé, passant d'un plaisir à un autre avec des lendemains de vide d'autant plus grand que le plaisir l'aura été. Il semble même qu'après un certain temps, il ne reste pas grand-chose de ces soi-disant joies indescriptibles et inoubliables. Comme une cassette enregistrée qu'un nouvel enregistrement efface sans laisser de trace.

Notre époque ne prend pas le temps de savourer les choses. Savourer, cela veut dire se réjouir d'un événement longtemps à l'avance et de le garder en mémoire longtemps après. La multiplication des spectacles qui se succèdent à une cadence qualifiée à juste titre d'infernale, empêche une délectation paisible et bienfaisante. Un moine m'a raconté la joie qu'il a à l'approche de ses rares sorties communautaires et son action de grâce pour cette journée lumineuse dans sa prière quotidienne. N'y a-t-il pas là une sagesse à imiter ?

Chanoine Calixte Dubosson