Demain, c'est dimanche

31.07.2011 / Réserves de guerre

En temps de troubles et de crises, les autorités invitent la population à prévoir des réserves au cas où des pénuries surviendraient. Parfois, la panique nous pousse à emmagasiner des denrées de première nécessité, pain, poisson, etc., pour pallier aux privations supposées. L'épisode trop connu de la multiplication des pains que nous lirons ce dimanche dans l'Evangile selon saint Matthieu ressemble à ces mouvements d'affolement. D'ailleurs Jésus à la vue de la foule si grande fut saisi de pitié et les Apôtres se soucièrent de leur subsistance car il n'y avait que cinq pains et deux poissons pour environ cinq mille hommes.

Mais le Christ, lui qui voulait un peu de tranquillité, à l'écart, reste maître de la situation. Il sait que ces foules affamées de sa Parole auront ce qui leur faut pour survivre et guérir de leurs infirmités. Aussi connaissons-nous bien la suite. Il prit le pain, les poissons, leva les yeux au ciel, prononça la bénédiction et donna aux disciples le nécessaire pour qu'ils rassasient la foule. La surabondance de ce miracle : douze paniers pleins est la réserve que chaque Apôtre, même Judas, reçoit pour poursuivre l'œuvre de leur Seigneur et Dieu.

Non seulement à chacune de nos crises intérieures, mais aussi chaque dimanche, chaque jour, avançons-nous vers ce surplus donné aux Apôtres. C'est le pain de vie, celui qui guérit nos blessures. Et quel que soit le nombre que nous sommes, même en comptant les femmes et les enfants, il y en aura toujours assez. Les réserves que Dieu a préparées pour nos conflits passés, présents et futurs combleront notre faim de justice.

Chanoine Alexandre Ineichen