Demain, c'est dimanche

08.05.2011 / Reconnu à la fraction du pain

Dans le fameux épisode des disciples d'Emmaüs, un seul des protagonistes est nommé. Le second pèlerin, lui, reste anonyme, non parce que saint Luc manquait d'informations, mais parce qu'il veut laisser au lecteur sa place dans le texte même. En effet, le second disciple, c'est chacun d'entre nous. Ainsi, comme Cléophas, nous sommes partis tristes de Jérusalem pour un village inconnu. Comme lui, notre coeur fut tout brûlant lorsqu'enfin nous comprenions les Ecritures. Comme lui, à l'instant, nous annonçons que ce Jésus, ce prophète puissant par ses actes et ses paroles, est vraiment le Fils de Dieu, le Sauveur du monde.

Mais qu'est-ce qui a donc permis cette métamorphose de Cléophas et de son coéquipier ? Qu'est-ce qui leur a donné de comprendre les Ecritures et de croire enfin que ce Jésus est bien celui que leur coeur attendait ?

Une lecture, même superficielle, nous en donne la réponse : le partage du pain, geste que Jésus avait accompli en son temps avant de rendre le témoignage suprême. C'est ce geste, véritable mémorial du sacrifice du Fils, qui nous introduit dans le royaume du Père. Et il a un nom : l'Eucharistie, lieu mystérieux entre ici et la Jérusalem céleste, temps secret où se révèle celui qui demeurait caché. Les Ecritures ont donc eu sens. Notre coeur triste se réchauffe.

Cheminons alors avec Cléophas et osons insister et demander à l'inconnu du chemin de rester car le soir tombe. Il se révélera par la fraction du pain notre Sauveur et notre Dieu.

Chanoine Alexandre Ineichen