Demain, c'est dimanche

01.05.2011 / Huit égal un

Jetés dans le monde, nous subissons les outrages du temps en regrettant un passé qui n'est plus, en espérant un avenir qui n'est pas encore et en méprisant un présent qui n'est pas ce que nous voudrions qu'il soit. Rien ne semble pouvoir donc nous soustraire au temps qui passe. Nous en souffrons. Même la prière n'échappe pas à cette situation. La liturgie déploie ses mystères tout au long de l'année et chaque dimanche, chaque fête nous célébrons la source et le sommet de notre foi : la mort et la résurrection de Jésus-Christ.

Cette situation tragique, mais humaine, incite à douter. Combien cette répétition reste-elle sourde à la miséricorde de Dieu ? Comment croire en cette éternité si, comme Thomas, « je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté ».

Ainsi, le doute de Thomas, comme notre perplexité, est une conséquence de notre enracinement dans ce temps qui nous use. A force d'attendre, de croire sans voir, notre bonheur s'étiole.

Mais au jour de Pâques, le Christ venu dans le temps manifeste l'éternité. Malgré notre incrédulité, huit jours plus tard, c'est-à-dire dimanche, le jour de la résurrection, il nous rappelle son amour. Le Fils du Père s'est révélé dans le temps pour nous partager son éternité. Il est devenu mortel pour nous rendre immortels. Il est apparu à Thomas pour nous convaincre du miracle de Pâque. Huit jours sont passés, mais ils ne sont que le déploiement de l'unique jour du Seigneur, jour de joie et d'allégresse.

Chanoine Alexandre Ineichen