Demain, c'est dimanche

27.03.2011 / Massa et Mériba

Après avoir frappé le rocher au mont Horeb devant les anciens d'Israël pour en faire jaillir une source d'eau vive comme le peuple le lui avait réclamé, Moïse donna à ce lieu le nom de Massa et Mériba. La tradition s'empressa de traduire ces deux termes : défi et accusation. Ce miracle est une réponse divine aux récriminations du peuple élu qui campait dans le désert après sa libération d'Egypte. Le temps est long et la tentation est grande d'oublier les bienfaits de Dieu et de le mettre au défi de répondre à nos besoins, même vitaux.

Cet épisode de l'Ancien Testament est une bonne clé pour comprendre le passage de l'Evangile où Jésus se déclare à une Samaritaine être lui-même la source d'eau vive. Elle est aussi une image adéquate de la vie spirituelle. En effet, au début, la Samaritaine ne comprend pas que cet homme assoiffé à cause du long voyage qu'il a entrepris de son Père vers notre condition mortelle est ce Messie tant attendu qui vient en vérité libérer l'humanité. Elle le met au défi, peut-être même l'accuse-t-elle. Les Juifs n'aimaient pas spécialement les Samaritains. Mais Jésus la retourne. Elle a enfin accès à la source véritable.

Le Carême est donc ce temps de désert où fatigués de notre marche nous accusons peut-être Dieu et le mettons au défi. Mais, comme dans le désert, comme avec la Samaritaine, notre Seigneur ne retient pas de nous nos défis dérisoires et nos accusations mensongères, mais il est vraiment le Sauveur du monde, comme les Samaritains le reconnaîtront à la fin de l'Evangile de ce dimanche.

Chanoine Alexandre Ineichen