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13.02.2011 / La morale

Aujourd'hui ce terme n'a plus bonne presse. D'ailleurs, on lui préfère, et souvent pour l'évacuer, le mot plus savant d'éthique. Mais ni l'un ni l'autre ne reçoivent l'intérêt qu'ils mériteraient. La morale serait d'une part abstraite et se complairait dans des principes, certes nobles, mais, dès que l'on chercherait des réponses à des situations concrètes, elle perdrait toute sa pertinence. D'autre part, elle serait une limite à notre liberté et restreindrait nos désirs changeants et équivoques. La foi ne suffit-elle pas pour être un bon chrétien ?

Jésus et son Evangile n'échappe pas à la question. Mais, à la lecture des Ecritures, le Christ évite d'en faire un catalogue prêt-à-porter pour calmer nos consciences. Il confond les Pharisiens de son époque comme de la nôtre qui croient qu'il suffit d'obéir aveuglément aux dix commandements pour être des justes. La morale n'est pas une liste de chose à faire ou à ne pas faire. Elle est un choix raisonné de faire le bien et d'éviter le mal.

Cependant, à chacun des commandements de l'Ancien Testament, Jésus propose une exigence plus haute, presque inaccessible. Et là, notre conscience se tourmente car elle sent bien que cet idéal est bien difficile, voire impossible.

Mais, sur ce chemin de vie, entre une morale pharisienne et une perfection inatteignable, Jésus nous rejoint. En effet, la sagesse de Dieu est plus profonde que la nôtre, la grâce divine plus abondante. Là où le péché abonde, la grâce surabonde.

Chanoine Alexandre Ineichen