Demain, c'est dimanche

12.09.2010 / Joie du père

Le fils prodigue a perdu sa part d'héritage, qui lui avait été donnée pour aller se « faire une situation », comme on dit. Il l'a jouée, l'a bue, l'a dépensée avec des filles. Il a bien essayé de travailler pour vivre. Mais cela n'a pas marché non plus. Il est tombé dans la misère. Alors, alors seulement, il a pensé revenir chez son père, parce que chez ce père, même le dernier ouvrier a « du pain en abondance »(Lc 15, 17). Il prépare un discours solennel : « Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi… »(18), à la sincérité duquel il est assez difficile de croire. Et le père ne lui laissera pas le temps de les prononcer, ces paroles. A peine a-t-il aperçu son fils qu'il court à sa rencontre, se jette à son coup et le couvre de baiser. Réaction à peine croyable dans le contexte oriental. Selon la coutume, ce n'était pas au père d'aller vers son fils : il devait l'attendre, l'entendre, et lui imposer au minimum une correction « pédagogique ». Pas de pédagogie chez ce père, mais la joie, l'effusion, la fête, parce que celui qui « était perdu est retrouvé »(24). La joie de ce père, c'est la joie de notre Père, chaque fois que l'un de nous revient à lui. Joie du Père, chaque fois que quelqu'un s'approche du sacrement de la réconciliation. « Il y a de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion »(7). Combien de fois refusons-nous cette joie à notre Père, et par là même passons-nous à côté de notre salut ?

Chanoine Roland Jaquenoud