Demain, c'est dimanche

11.06.2006 / Y a-t-il un dieu pareil à Dieu?

Au commencement de tout cheminement spirituel, comme au début de tout chemin humain, apparaissent toujours quelques difficultés. La plus immédiate est la constatation que ce que l'on vit, ce que l'on pense et ce que l'on croit n'est pas toujours partagé par les autres et, s'il l'est, il s'y insinue toujours une certaine divergence. De même, la comparaison de la foi chrétienne avec d'autres croyances relève parfois des analogies qu'il faut vite récuser. Les obstacles, faux plats ou pentes abruptes, se dressent devant toute vie.

D'abord, les faux plats. C'est l'attitude de retrouver en tout une similitude avec le risque d'effacer l'Autre, d'aplanir toutes les différences. Ce nivellement conduit à une uniformisation. Cependant, le Dieu unique auquel nous croyons est le Père, qui n'est pas le Fils, est le Fils qui n'est pas le Père, est l'Esprit qui n'est ni le Père, ni le Fils. La Trinité n'enferme pas Dieu dans le Même, mais privilégie l'Autre au point de tout lui donner. Le Père aime le Fils dans l'Esprit jusqu'à partager l'unique divinité.

Secondement, la préférence de l'Autre, au mépris du Même, conduit à nier en soi ce qui relie, en moi comme en l'autre. Une pente abrupte entrave alors toute communion et conduit à une solitude tragique. La recherche effrénée des spiritualités dites orientales n'est-elle pas qu'un exil égoïste. ? Mais, le Dieu trois fois saint, Père, Fils et Esprit Saint, partage à l'infini et dans l'éternité l'unique divinité. Par le Même, l'Autre découvre sa différence et la construit. La reconnaissance de l'unique divinité en Jésus-Christ révèle la vie même de la Trinité.

Aussi, malgré les faux plats et les passages infranchissables, poursuivons la route, baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Chanoine Alexandre Ineichen