Demain, c'est dimanche

20.12.2009 / Le fruit de tes entrailles

La patience est une attitude qui est de moins en moins cultivée dans les sociétés post-industrielles. Il faut pour être efficace que tout soit réalisé tout de suite. On manque de cette persévérance et de cette attente joyeuse tout autant qu'angoissée dont l'agriculteur diligent et consciencieux fait preuve lorsqu'il espère dans la récolte future. Et Jésus le sait bien qui dans ses paraboles use de cette image expressive pour annoncer le Royaume de Dieu.

Pourtant, Marie, enceinte, se doit d'aider sa cousine Elisabeth dont les jours de l'enfantement se rapprochent. Alors, rapidement, passant de Galilée en Judée, Marie se met en route. Non seulement il y a de la précipitation, mais encore les deux futures mamans sentent en leurs entrailles frémir les naissances futures qui accompliront les paroles qui leur furent dites de la part du Seigneur.

Cependant, cette hâte si moderne donne à la lente maturation évangélique sa vraie dimension. Le temps de Dieu paraissait s'éterniser. Sa promesse ne serait-elle qu'un moyen pour que nous acceptions l'inéluctable ? Le bonheur est-il inaccessible ? Non, répond Jésus dès les entrailles de sa mère. Non, dit Jean-Baptiste qui trésaille d'allégresse avant d'être. Aussi Marie est-elle bienheureuse parce qu'elle donne à notre impatience la précipitation d'un Dieu qui n'attend pas pour notre bonheur. Noël se prépare dans l'éternité divine, mais se vit à l'instant où Jésus naît en notre monde, enfin.

Chanoine Alexandre Ineichen