Demain, c'est dimanche

08.11.2009 / Quelques piécettes

 

Chacun aime par fonction, statut ou rôle, les salutations sur les places publiques ou tout simplement être reconnu par son prochain. Personne ne souhaite être de trop lors d'une invitation. Même si tout le monde recherche la discrétion, il importe d'avoir en toutes circonstances le ton et l'attitude adéquate même si nous risquons de ne pas être sincères. Et, à ce jeu social, prier n'est pas une exception.

Pourtant Jésus condamne avec virulence ce comportement. Ceux qui sortent avec de grandes robes sont les scribes et les pharisiens dont le langage courant désigne les hypocrites. En lieu et place, le Seigneur préfère la pauvre veuve qui met, non de son superflu, mais de son indigence. On est loin des places d'honneur et des premiers rangs.

Mais elle aussi dépose quelque chose dans le tronc. Comme ceux qui ont dévoré son bien, elle entre dans ce jeu social dénoncé par le Christ. Participerait-elle alors à cette mascarade ?

Non. Ce que Jésus réprouve, ce n'est pas le don de quelques piécettes ou d'une grosse somme d'argent. Il sait que nous nous devons au savoir-vivre et au protocole. Mais, comme le sabbat, celui-ci est pour l'homme, et non l'inverse. Le jeu social, l'argent doit être au service, et de la veuve, et des pharisiens, en un mot : de l'homme. Nous n'avons pas à en être esclaves, même pour quelques piécettes.

Chanoine Alexandre Ineichen