Demain, c'est dimanche

06.09.2009 / Effata

Effata ! Ce petit mot araméen a été conservé dans le Nouveau Testament comme s'il ne devait pas être traduit. En le prononçant, on a comme l'impression de parler la langue de Jésus.

Certes, si nous savons queffatasignifie ouvre-toi, ce mot n'a rien de commun avec une sorte de code qui devrait produire un effet magique comme dans le conte des Mille et une nuits, où l'on ne pouvait faire ouvrir une porte qu'en prononçant : Sésame, ouvre-toi !

Dans l'Evangile de Marc, on rencontre Jésus soignant un sourd-muet. Deux infirmités qui se conjuguent, deux infirmités qui handicapent la relation.

L'écoute et la Parole étant primordiales pour établir et vivre nos relations avec Dieu et avec nos frères — toute la Bible en fait mention — il n'est pas étonnant de voir Jésus se pencher sur cet homme et, en prononçant leffata, lui offrir la joie d'entendre et de parler.

Effata ! Depuis des siècles, ce mot fait partie des rites de la liturgie baptismale, mais mêlé à d'autres rites, il passe souvent inaperçu. Et pourtant, il mérite bien sa place.

Qu'il est beau de pouvoir dire, en posant la main sur les oreilles de l'enfant, « effata » — ouvre-toi — à la Parole de Dieu et aux paroles aimables de tes parents, oui ouvre-toi au sens de ta vie… et, en posant la main sur sa bouche, proclame la grâce d'être aimé, dis au monde ta joie de vivre et de traduire en louange l'amour de Dieu.

Effata ! Que l'oreille soit la porte ouverte sur les autres, sur la vérité, l'amitié sur la communication et que la bouche devienne le canal qui donne à chacun la grâce d'offrir à l'autre la Parole de Vérité, la Parole de vie.

Chanoine Jean-Paul Amoos