Demain, c'est dimanche

24.05.2009 / Alléluia

Combien de fois a retenti ce terme ces derniers temps ? Combien de fois pour manifester la joie pascale l'avons-nous chanté ? Pour bien marquer les deux temps de la vie chrétienne, avant Pâques et après Pâques, le temps de la pénitence et le temps de l'exultation, la liturgie adopte ce mot hébreu. Comme les amoureux qui, trop pleins de leurs sentiments, s'interpellent avec des diminutifs affectueux, ainsi le chrétien s'adresse à son Dieu.

Mais les mots dépassent leur expression. D'ailleurs c'est parce que nos mots quotidiens sont si pauvres et que nous sommes si enthousiastes de la victoire du Christ sur la mort que nous usons de ces vocables. Pourtant, revenons aux racines de ces termes. Sans entrer dans des subtilités étymologiques, la racine d'alléluia a une triple signification : briller, être insensé et louer.

Ainsi, la résurrection est une lumière perçant nos ténèbres. Ce signe que les Juifs réclamaient s'est enfin manifesté. L'aurore d'un jour nouveau est une belle image pour révéler la puissance de Dieu se déployant dans la victoire du Christ sur la mort.

D'autre part, les Grecs considéraient comme folie cette résurrection de Jésus. Mais la folie des hommes n'est-ce pas le lieu de la sagesse de Dieu ? Notre louange n'est-elle pas un acte insensé qui donne sens à nos vies ?

Alors, devant cette puissance et cette sagesse divine, nous ne pouvons que louer le Seigneur. Et, inspirés par l'Esprit, qui souffle où il veut et que nous attendons, osons exprimer notre reconnaissance et notre admiration par des acclamations ineffables et adressons-les à notre Dieu : Abba, Père, Alléluia.

Chanoine Alexandre Ineichen