Demain, c'est dimanche

23.04.2006 / Une légende ?

Ce dimanche, les scouts, Lourtier, quelques villages ou paroisses fêteront leur saint patron : saint Georges. Pourtant, ce dimanche est encore le dimanche de Pâques. En effet, si Jésus, le soir du premier jour de la semaine c'est-à-dire un dimanche, est apparu à ses disciples, c'est seulement le huitième jour, c'est-à-dire le dimanche suivant que saint Thomas exprima sa foi après avoir douté. Ainsi la célébration de Pâque dure huit jours. S'il en fallut sept pour créer le monde, par ces huit jours de fête, l'Église se réjouit éternellement de la résurrection du Christ, cœur de notre foi, lieu de notre espérance et brasier de notre charité. Alors, pourquoi et comment fêter saint Georges ce dimanche ?

Un premier mouvement serait de le reléguer comme un joli folklore sans réalité et d'y voir une contradiction essentielle avec la foi elle-même. Mais, abandonner cette légende risque de rendre suspect tout récit. La raison a besoin d'images, même imparfaites, pour pressentir le mystère. Les contes pour enfants ne sont pas seulement un passe-temps, mais ils participent à la formation de la personnalité. Pour aimer, il faut rendre aimable l'amour.

La deuxième attitude serait de s'accrocher, malgré toutes les critiques, à la légende. Là, de longues explications sont inutiles, car immédiatement, nous percevons les obstacles. La raison ne peut pas être rabrouée sans cesse. Un adulte ne peut en rester aux contes pour enfants. Aussi saint Georges n'est-il fêté que parce que nous célébrons Pâques. La sainteté des saints n'est que l'émanation gratuite de la sainteté divine. Pour croire, il faut des raisons de croire.

Alors, encore une fois, joyeuses Pâques, mais aussi bonne fête.

Chanoine Alexandre Ineichen