Demain, c'est dimanche

16.04.2006 / Emmaüs

Pâques Lc 24, 13-35

Emmaüs, c'est un soir qui tombe sur des marcheurs attardés revenant de la ville. Ils sont deux, maintenant ils sont trois. Un inconnu les a rejoints. Cet étranger a le don d'accueillir les rancœurs, il a cette capacité d'écouter toute l'amertume d'un soir d'immense détresse. Il aide à extérioriser ce qui mine intérieurement. Il donne à la parole tout son sens de communication et de partage. Il fait du bien, il ranime les forces vitales bloquées par la tragédie. La source, un moment tarie, s'écoule à nouveau. C'est Dieu qui marche sur la route mais on ne le sait pas. C'est Jésus, mais il n'est pas reconnu.

Dans le Christ, Dieu écoute, attentif, l'histoire des hommes faite d'horreurs, de cruautés, de tristesse immense mais aussi de grandeur, de noblesse. Il réveille également dans le cœur des disciples cette espérance qu'ils disent mais à laquelle ils ne croient plus. L'ont-ils d'ailleurs cru possible ? Puis il les conduit vers les feux de la nouvelle création où la nuit devient aube éternelle.

Mais il fait semblant de se retirer, de partir pour que les pèlerins puissent exprimer leur désir. « Reste avec nous, juste un verre, pour la route ! » Parce qu'on est bien ensemble.

Emmaüs, c'est un village, c'est une auberge, c'est un instant où l'homme devient désireux de la présence totale. C'est un pain partagé sur la table qui fait entrer dans la nostalgie de la présence pleine. L'homme doit se contenter de la fraction du pain, mais il est désormais avide d'étreindre un jour, comme Marie-Madeleine, son bonheur, sa joie.

Chanoine Calixte Dubosson