Demain, c'est dimanche

19.10.2008 / Séparation des pouvoirs ?

« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». La phrase centrale de l'évangile de ce dimanche veut-elle nous dire que Dieu et l'empereur sont renvoyés dos-à-dos : à César étant reconnue la responsabilité de la gestion de la société quitte à laisser s'installer une misère effroyable ; à Dieu étant réservées la louange et la prière, bref, la partie religieuse de l'homme.

Une telle interprétation reviendrait à méconnaître totalement le message de l'Evangile. Pourtant, elle a souvent été employée par ceux qui trouvaient intolérable qu'au nom de ce même Evangile, des chrétiens, des évêques, des prêtres et même le Saint-Père, s'engagent sur un terrain politique pour que l'inaliénable dignité de la personne humaine soit reconnue et que la justice soit rendue.

Non, Jésus ne se désengage pas du terrain social ou économique de la vie des hommes : « Il m'a envoyé annoncer aux prisonniers la délivrance, donner la liberté aux opprimés ». Le chemin du Seigneur dans l'histoire des hommes passe donc par la libération effective et concrète de la misère et de l'oppression pour que chaque personne puisse reconnaître de quel amour elle est aimée. N'est-ce pas le sens de la Mission à laquelle nous réfléchissons en ce dimanche ? N'est-ce pas la motivation de tant de laïcs et de prêtres valaisans partis au loin apporter la bonne nouvelle du Christ ressuscité et de son message de libération ?

Chanoine Calixte Dubosson