Demain, c'est dimanche

07.09.2008 / Ça eut payé !

Les textes de ce dimanche abordent le sujet toujours délicat de la correction fraternelle qui me semble plus que jamais difficile à pratiquer.

« Si ton frère vient à pécher », nous dit Jésus. Actuellement, la notion de péché est devenue floue parce que la frontière entre le bien et le mal est interprétée de façon subjective. Chacun a désormais ses propres critères et ne s'en réfère plus à une autorité morale qui interpelle sans cesse sa conscience. Il y a aussi une sorte de pudeur pour qualifier nos actes. On ne parle plus de péché mais plutôt de défaut ou de faiblesse.

Des chrétiens, de plus en plus rares il est vrai, regrettent les descentes enflammées où le clergé dénonçait du haut de la chaire, les vices des fidèles, menaçant du feu de l'enfer tous ceux qui se laissaient abuser par les ruses du démon. Pour paraphraser l'humoriste Fernand Raynaud, « ça eut payé, mais ça paye plus ! » Heureusement d'ailleurs, car on ne construit rien de bon sur la peur. Pour quelques belles conversions, combien de désespérés et de scrupuleux invétérés.

Non, ce que Jésus demande, c'est le dialogue. Grâce à lui, tout devient possible car il présuppose un climat de confiance. Une présence fraternelle qui écoute devient la clé qui libère une faute tant de fois niée, renflouée, enfin reconnue comme un poison qui empêche la joie. Que Dieu nous donne la grâce d'être un jour, cette présence.

Chanoine Calixte Dubosson