Demain, c'est dimanche

17.08.2008 / « Dieu ne me répond jamais ! »

Combien de fois avons-nous entendu cette réflexion ? Peut-être avons-nous, nous aussi, fait l'expérience de « l'inutilité » de la prière ?

Saint Augustin nous rapporte que sa mère pleurait et priait sans cesse Dieu pour sa conversion. Un évêque lui dit un jour pour la consoler : « Va-t'en en paix femme ! Il est impossible que se perdre le fils de tant de larmes. » Plus tard saint Augustin écrira : « Si je n'ai pas péri dans l'erreur, c'est à cause des larmes quotidiennes et pleines de foi, de ma mère. »

L'Evangile illustre très bien cela. Une païenne s'approche du Sauveur en lui criant : « Aie pitié de moi (…). Ma fille est tourmentée par un démon. » Jésus l'ignore, puis il refuse d'intervenir. Mais, grâce à son insistance, à son authenticité, la prière de cette femme est exaucée.

Dans Manon des sources, on peut lire le sermon suivant : « Il y en a qui sont inquiets pour les jardins, d'autres pour la prairie, d'autres pour les cochons, d'autres parce qu'ils ne savent plus quoi mettre dans leur pastis ! Ces prières que vous avez la prétention de lui faire entendre, ce sont des prières pour les haricots, des oraisons pour les tomates, des alléluias pour les topinambours, des hosannas pour les coucourdes ! Ça ne peut pas monter au ciel, parce que ça n'a pas plus d'ailes qu'un dindon plumé. »

Pagnol nous dit que ce qui est premier dans la prière ce n'est pas nos demandes, mais notre relation à Dieu. Le Dieu de Jésus-Christ n'est pas un distributeur de grâce. C'est un Père attentif creusant en nous son désir, par l'attente.

Chne Yannick-Marie Escher