Demain, c'est dimanche

03.08.2008 / Prenez, mangeons gratuitement

Chaque matin de chaque jour dans chaque monastère, comme pour chaque prêtre, la prière commence, en général, par ces mots : « Venez, adorons le Seigneur », mots que le temps liturgique ou la fête célébrée enluminent de quelque développement où les traits fondamentaux sont toujours les mêmes. Ainsi, ce refrain invite l'Eglise et le monde après elle à entrer dans la grande supplication du Christ à son Père. Après l'obscurité et le sommeil de la nuit, l'Eglise s'éveille et retrouve son Seigneur et son Dieu dans l'adoration comme dans l'action.

D'abord, il faut venir à la lumière et s'obliger à conduire son attention vers Dieu. Ensuite, à cet acte volontaire suivra l'adoration où l'orant ne recherchera plus par ses seules forces à se concentrer en Dieu, mais où il recevra dans le silence d'un coeur apaisé le souffle d'une brise légère : la caresse de l'Esprit. Ainsi, en deux mots, l'Eglise définit la prière chaque matin de chaque jour.

Avec la multiplication des pains, épisode fameux de l'Evangile, c'est le même ordre. À cette foule qui a faim, Jésus demande à ses disciples de la nourrir avec cinq pains et deux poissons. Alors, le miracle s'accomplit. Ils les prennent. Voilà leur contribution. Et le Christ rendant grâce nourrit la foule innombrable, sans que personne ne débourse un centime.

Alors, chaque fois que nous prions, chaque fois que nous participons à l'Eucharistie, nous accomplissions un geste, nous venons, nous prenons, mais Dieu achève ce que nous avons ébauché. Il remplit notre coeur de son amour et nourrit du pain de vie ceux qu'il a appelés à son Royaume. « Père, donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. »

Chanoine Alexandre Ineichen