Demain, c'est dimanche

06.07.2008 / Cause de joie

Plusieurs fois dans les Évangiles, Jésus arrête sa prédication et interrompt sa montée vers Jérusalem, lieu de son oblation, pour permettre à son cœur de se livrer et pour exulter de joie devant la grandeur de l'action de Dieu en magnifiant ses merveilles que sont la conversion des pécheurs et le salut du monde. À cette occasion, il reprend les cris de joie des Écritures et emploie les mots mêmes des Psaumes. « Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! » Non seulement, comme les prophètes et les rois anciens, il acclame Dieu de toutes ses forces, mais encore il révèle l'origine d'une si grande joie : non, la victoire sur l'Egypte ou le retour des exilés, mais sa victoire sur la mort et son union avec son Père et notre Père, son Dieu et notre Dieu.

Pour participer à cette allégresse, rien de plus simple : devenir de petits enfants sans sagesse et sans intelligence. Et comme signe que nous sommes dans la véritable exultation, nous sommes déchargés, et du joug, et du fardeau. Pourtant nous ne sommes plus des gamins et nous marchons plutôt comme une âme en peine qu'allégés de tous nos soucis et tracas. Sommes-nous dans le faux ? Le Christ nous interdit-il de participer à son bonheur ?

Non, Jésus ne nous retire pas de ce que nous sommes et de ce que nous vivons, mais simplement il se réjouit parce que la bonté de Dieu ne dépend pas de nous et de nos seules forces, mais elle est un don. Le bonheur n'est-il pas d'offrir un cadeau à celui qui ne pourra pas nous le rendre ? Comme un enfant, recevons donc le don du Père par le Fils. Comme un enfant, il nous partage son amour.

Chanoine Alexandre Ineichen