Demain, c'est dimanche

17.02.2008 / Pâques en Carême

Dimanche passé, le Christ était au désert. Le Verbe refusait d'utiliser sa nature divine parce qu'il avait faim. Dieu ne se prosterna pas devant les oripeaux de l'orgueil et de la richesse. Pour devenir disciple de Jésus, il nous faut le suivre et, avec lui, affronter les difficultés. Ce serait un sens possible au Carême : s'entraîner aux combats spirituels et corriger notre nature pécheresse.

Avec les Evangiles des dimanches qui suivent la tonalité est tout autre. Là, Jésus guérit notre nature déchue. Il rend la vue à un aveugle, donne à boire l'eau vive du salut à une Samaritaine et ressuscite d'entre les morts son ami Lazare. Or, pour introduire ces miracles, Jésus ce dimanche va se dévoiler. Prenant Pierre, Jacques et Jean sur une montagne, il leur donne un avant-goût de la résurrection. Ainsi, le Carême n'est pas seulement nos efforts pour nous convertir, mais c'est une grâce divine où Dieu restaure l'humanité et lui montre son vrai visage : celui de Jésus avec Moïse, la Loi, et Elie, le Prophète.

Ce nouvel accent n'enlève rien au précédent. Nos efforts ne sont pas vains. Au contraire, il trouve dans le don de Dieu leur vraie dimension. Pendant le Carême, nous nous entraînons, mais c'est lors de la course finale que nous recevrons la récompense. Elle sera tellement supérieure à tout ce que nous attendons que comme Pierre nous ne saurons que dire, mais nous saurons que le Père y met tout son amour et nous comprendrons que le Carême deviendra Pâques parce que nos efforts recevront le don de la vie.

Chanoine Alexandre Ineichen