Demain, c'est dimanche

28.05.2017 / Prier = cœur à cœur

Vous connaissez peut-être cette merveilleuse histoire d'une prière familiale : une fillette avec papa et maman.
La journée s’achève, il est temps d’aller au lit. Près de l’espace de prière la petite commence :
Bonsoir Marie, bonsoir Jésus…
Je t'aime Marie, je t'aime Jésus… puis se tournant vers le papa… et toi papa, tu ne dis rien ?
Si, dit le papa et il commence : bénissez la famille, bénissez nos amis…
Non, pas comme ça dit la fillette… Alors qu'est-ce que je dis ?
Tu dis d’abord bonsoir… Merci ma petite. Bonsoir Marie, bénissez la famille…
Non ! c'est pas ça… tu leur dis d'abord que maintenant tu les aimes…
Bonsoir Marie, bonsoir Jésus, je vous aime… (craignant encore une erreur, le papa s'arrête là).
Mais sa petite fille continue, maintenant papa, tu peux leur dire tout ce que tu veux…
La prière est un état, un temps de relation, de conversation avec le Seigneur, une conversation qui se prépare.

L’histoire de cette prière en famille peut nous aider à entrer dans la merveilleuse prière extraite du chapitre 17 de l’Evangile de saint Jean. Celle-ci n'est pas seulement une effusion du Cœur de Jésus devant son Père, elle est aussi la plus intime relation durant laquelle le Fils offre à ses apôtres d'assister à sa conversation toute filiale et confiante avec son Père. Là ils apprendront combien ils lui sont chers. Au cœur de cette prière sacerdotale, Jésus prêtre prépare le don de sa vie pour la gloire du Père et le salut du monde.
On peut retenir trois aspects fondamentaux de cette prière :
- premièrement, qu'elle est décentrée, toute tournée vers le Père,
- deuxièmement, qu'elle est engagée, au service d'une mission,
- troisièmement, que c'est une prière aimante pour tous ceux qui lui sont confiés.

Le Christ prie pour nous aussi… qui, à notre humble place, continuons l'œuvre des apôtres et transmettons le message évangélique. Prière bouleversante si nous la relisons lentement, en pensant que nous étions et que nous sommes dans sa prière.
Prions comme lui pour tous ceux qui nous sont confiés.
Saint Jean Chrysostome disait : « Prier pour soi-même, est un instinct de nature ; prier pour les autres est un instinct de grâce ».
Demandons cet instinct de grâce en cette semaine qui nous prépare à la Pentecôte, retirons-nous dans notre cénacle intérieur. En relisant cet Évangile du 7ème dimanche de Pâques, regardons prier Jésus et disons comme le curé d'Ars : « Lorsque je prie, je me représente Jésus priant son Père » .

Chanoine Jean-Paul Amoos